Colloque annuel du Club du Millénaire : « A quoi sert la catastrophe ? »

« A quoi sert la catastrophe ?« 

Le Club du Millénaire organise le 30 mars 2012 un colloque sur le thème « A quoi sert la catastrophe ? »

Cet événement est organisé avec l’aide et le soutien de l’IEP de Lille et sous la direction de Michel Hastings, Professeur des Universités. L’association Visions d’Europe est partenaire de l’événement.

Le colloque se déroulera le 30 mars 2012 de 9h30 à 18h30, à Sciences Po Lille (aller vers l’adresse). Il est ouvert au public, sur invitation à retirer auprès du Club. Il verra la participation d’intervenants de spécialisation diverses, qui éclaireront les multiples aspects du sujet.

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Synopsis

Le vendredi 11 mars 2011 à 14h46, un tremblement de terre de magnitude 9 se produit au large des côtes japonaises, endommageant la centrale nucléaire de Fukushima. Les médias du monde entier qualifieront rapidement l’événement de catastrophe naturelle et technologique, dont le caractère irrémédiable marque un tournant dans l’histoire du Japon. Il existera désormais un avant et un après Fukushima.

Mais que désigne le vocable « catastrophe », qui mêle ouragans et génocides, déluge biblique et accident nucléaire ? Dès sa première utilisation en français, sous la plume de François Rabelais, le terme désigne à la fois la « fin », l’ »issue » mais également un vacillement symbolique inscrit « hors de l’inévitable causalité »[1]. La catastrophe dépasse le dommage technique, elle est un jalon, un seuil inédit induisant un renversement (du grec katastrophê, « retournement »).

Si l’idée de rupture se retrouve dans tous les événements qualifiés de catastrophe, la charge négative du terme, souvent synonyme de désastre, conduit souvent à qualifier de catastrophe un fait dépassant un seuil de victimes[2]. Elle apparaît dans les consciences comme objet de représentation, un construit propice aux discours eschatologiques. Religieux ou scientifiques, politiques ou métaphysiques usent de la catastrophe comme d’un repoussoir visant à guider les choix des sociétés. Le regain de popularité des partisans d’une sortie du nucléaire après la catastrophe de Fukushima illustre l’impact d’une catastrophe sur les luttes de l’espace public. L’appel à une plus grande prise en compte de la catastrophe dans les choix des décideurs ou la critique du catastrophisme s’inscrivent finalement dans le même processus : ils questionnent la capacité des sociétés à penser la discontinuité.

A la suite du colloque, le Club du Millénaire réalisera un rapport tirant une conclusion commune des différentes interventions. Les actes du colloque seront publiés sous la forme d’un ouvrage d’une centaine de pages. Celui-ci apportera de nouveaux éléments de recherche et une approche originale sur la question. Issu de la recherche commune d’acteurs aux spécialisations diverses, il s’inscrit dans la démarche de réflexion du Club du Millénaire.

Pour une présentation plus détaillée du questionnement qui sous-tendra le colloque, nous vous invitons à consulter l’article du Club du Millénaire consacré au sujet : « A quoi sert la catastrophe ? (accéder à l’article) ».


Liste des intervenants :

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Didier HeiderichIngénieur CESI, président de l’Observatoire International des Crises, fondateur du Magazine de la Communication de Crise et Sensible. Gregory QuenetHistorien, spécialiste des catastrophes et des risques à l’époque moderne. Maître de conférences en histoire moderne et en histoire environnementale..

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Henri-Pierre JeudyPhilosophe et sociologue, auteur d’ouvrages de référence sur la peur et le catastrophisme. Luc Semal (Médiateur)Doctorant sur les implications politiques et sociales de la crise écologique. Chargé d’enseignements à Sciences Po Lille et Sciences Po Paris..

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Nicolas JournetJournaliste scientifique au magazine Sciences Humaines, auteur de Génétiquement incorrect. Bertrand VergelyPhilosophe et théologien, enseignant à l’Institut Saint-Serge. Spécialiste du rapport de l’homme au sacré.

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[1] Aurélien Barrau, « Catastrophe : signe ou concept pour la physique contemporaine ? », Le Portique, n°22, 2009.

[2] Christian Godin, « Ouvertures à un concept : la catastrophe », Le Portique, 22 | 2009.