La Turquie sur les continents

 

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Après le dépècement de l’Empire Ottoman et la défaite de la Première Guerre mondiale, la Turquie a vu ses relations extérieures se désagréger, la politique économique autarcique visant à rétablir les finances exsangues du pays ayant par ailleurs prévenu toute initiative d’ouverture dans ce domaine. A partir de 1936 et de la signature de la Convention de Montreux relative aux Régimes des détroits, la Turquie retrouvera pourtant sa place sur l’échiquier mondial. La bipolarisation survenue après la Seconde Guerre Mondiale accélèrera ce processus et verra la politique étrangère turque osciller entre l’Ouest et, à partir du coup d’Etat de 1960, le bloc soviétique[1].  La position géostratégique du pays lui permet en effet d’entretenir d’intenses relations avec les pays industrialisés et sa politique extérieure  visera durant des années à exploiter ce capital géographique, Jean-François BAYART écrivant à ce sujet que « la survie de l’Etat comme acteur à part entière du système international a longtemps été la préoccupation fondamentale des dirigeants turcs »[2]. Mais qu’en est-il de ses relations avec les nouveaux acteurs étatiques de la scène internationale? Nous avons choisi de présenter un panorama évidemment non exhaustif des relations extérieures de la Turquie avec plusieurs pays phares des continents sur lesquels ils se trouvent. C’est volontairement que nous avons exclu les Etats-Unis et l’Europe de cette étude, la nature de leurs relations ayant vocation à faire l’objet d’études ultérieures plus précises.

La Turquie et ses relations avec l’Asie : l’exemple de la Chine, de l’Inde et du Pakistan

Les relations de la Turquie et de la Chine sont historiquement de nature commerciale et l’antique « Route de la Soie » reliant les deux bords de l’Asie, espace d’échange par excellence, a longtemps été le lien principal entre les deux pays. Leurs rapports connaissent néanmoins une accélération qui remonte aux années 80, plus précisément à la décision du 24 janvier 1980, qui bouleverse le mode de production et la politique économique d’Ankara. Cette date marque en effet le passage d’une économie fermée à une économie ouverte, entraînant une libéralisation importante des forces économiques et l’ouverture au commerce mondial. Les politiques protectionnistes successives des années précédentes s’étaient, a contrario, traduites par une stratégie de substitution des importations[3] qu’illustrait la politique de « protection de l’industrie turque », prompte à recourir aux quotas, taxes douanières et limitation des importations. 1980 voit donc le jeu de la concurrence prendre une place importante en Turquie et marque l’évolution de ses relations avec les pays émergents en règle générale[4].

A cet égard, la Chine apparaît surtout comme un concurrent d’Ankara, du fait de leurs similitudes dans plusieurs secteurs industriels et dans leur système de production intensive. Le ministre Chinois Chan DEMING a néanmoins affirmé en janvier 2010 sa volonté de renforcer les liens entre les deux pays « étant donné les liens entre l’Europe et l’Asie » de la Turquie[5]. Les relations avec un pays bénéficiant d’un tel positionnement sont en effet essentielles en période de crise économique mondiale, et les deux pays peuvent retirer d’importants avantages des marchés économiques qu’ils s’ouvrent mutuellement. Depuis 2003, la Chine est devenu le plus grand partenaire commercial de la Turquie dans les pays pacifiques et les pays asiatique, dépassant de grandes puissances commerciales comme le Japon ou la Corée du Sud[6]. Dans un premier temps, le commerce extérieur sino-turc a connu une évolution positive du fait de la diminution des tarifs douaniers et des barrières économiques, qui empêchaient jusqu’ici l’import-export entre les deux pays. L’entrée de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce en 2001 (OMC) est un facteur non négligeable à l’origine des améliorations des relations économiques, du fait de l’obligation de respect des règlements de l’OMC, qui créent un environnement propice à la collaboration économique. Les visites diplomatiques des officiels turcs et chinois se sont d’ailleurs multipliées ces dernières années. Les compagnies turques en Chine, les entreprises chinoises implantées en Turquie développent d’importants échanges dans les secteurs financiers, énergétiques, du tourisme ou de l’industrie, et semblent appelées à toucher de nombreux autres secteurs. Afin d’encourager cette dynamique, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan et Hu Jintao ont en outre réaffirmé leur désir de « coordonner et renforcer la communication » bilatérale[7].

Au niveau politique, la Turquie se prononce en faveur d’une « Chine unique » s’inscrivant dans la lignée de son traitement de la question kurde et des revendications autonomistes en général, et désapprouve évidemment les velléités d’indépendance du Tibet ou de Taïwan. La forte implantation de la Chine sur l’ensemble du globe, qu’il s’agisse des partenaires privilégiés de la Turquie comme l’Europe et les Etats-Unis, ou des autres pays émergents, gêne les ambitions du gouvernement et l’oblige à composer avec Pékin, de manière à conserver une position stratégique et privilégiée. Au-delà des relations économiques, Chine et Turquie sont en effet confrontées à la question des Ouighours.

Ce conflit qui oppose depuis près d’un siècle une partie de la population de la région du Xinjiang pose problème dans les relations diplomatiques des deux pays. Des populations turcophones vivent dans cette région depuis le VIème siècle[8], et la dynastie chinoise des Tang (de 618 à 906) tentera à plusieurs reprises d’implanter une présence chinoise dans ces steppes. La révolte de l’An Lushan au VIIIème siècle mettra un coup d’arrêt à cet expansionnisme, et obligera les chinois à se retirer de la région du Xinjiang. Dès leur installation, les Ouïghours se mêleront aux populations locales et mettront en place un Royaume autonome. Celui-ci subsistera jusqu’en 1370, date à partir de laquelle la branche mongole dominante islamise la région en profondeur, provoquant une séparation entre deux sectes rivales : les Ishaqiyya et les Afaqiyya. Nullement abattus, es Chinois se lancent alors dans une phase de reconquête de la région qui durera plusieurs siècles, et verra les généraux Qing contrôler le territoire vers la fin du XVIIIème siècle, établissant des administrations civiles au sein de territoires moins désertiques. Cette domination provoque une vive réaction de l’Empire russe, qui nourrit des ambitions sur l’avenir des territoires d’Asie centrale et des populations locales. Sous la pression russe, plusieurs révoltes se déclencheront alors, obligeant les autorités chinoises à mettre en place une politique d’intégration. L’échec de celle-ci, du fait de l’attraction qu’exerce le Tsar par le biais des territoires turcs des alentours, enclenche en quelques mois une guerre civile.

En juillet 1933 Sabit DAMOLLA fonde une entité indépendante qui devient en novembre la République du Turkestan (Uyghurstan Cumhuriyeti), qui disparaît un an plus tard sous l’action des soviétiques, craignant l’arrivée des japonais en Mandchourie. La région devient alors une zone-tampon pour l’URSS, jusqu’à une seconde tentative de rétablissement de la République en 1944, orientée par Elihan TÖRE, qui mène une politique populaire pendant cinq années environ. L’année 1949 marque un tournant puisqu’elle voit l’arrivée des communistes au pouvoir en Chine, mettant un terme à la deuxième République de Turkestan et signant la déportation d’un millier de cadres turcs. En 1955, la région est totalement militarisée et rebaptisée par Mao ZEDONG « Région autonome ouïghoure du Xinjiang ».  L’historiographie officielle chinoise sur cette région est remise en cause par Turghun ALMAS, notamment du fait de la découverte de momies intactes, dont l’ADN révèle une origine européenne, mais l’auteur sera censuré, ses livres brûlés. De nouvelles violences éclatent dans la région à partir des années 1980 et les autorités chinoises, dans le cadre de la mission « Frappe forte, pression maximale » lancée en 1997, répriment violemment les révoltes ouïghoures, qu’il s’agisse des manifestations étudiantes de juin 1988 à Urumchi, de l’insurrection de Barin en 1990 ou des émeutes de 1997 à Yining.

L’identité ouïghoure est actuellement scindée en deux grandes tendances, musulmane et laïque. La diaspora ouïghoure est particulièrement implantée aux Etats-Unis, où plusieurs associations offrent une meilleure visibilité au problème[9]. Rebiya KADEER est une grande figure de la cause ouïghoure sur la scène internationale, réclamant par exemple « une vraie liberté et un droit à l’autodétermination » pour son peuple. La Turquie a un rôle important dans ce conflit et soutient ouvertement le mouvement, organisant par exemple des manifestations chaque année rassemblant près d’un million de personne pour dénoncer la situation de la minorité ouïghoure, ce même si le gouvernement d’Ankara cherche à apaiser les conflits dans le but de maintenir de bonnes relations avec la Chine. Ce dernier n’est d’ailleurs pas en reste, et certains discours tenus en faveur du peuple ouïghour ont provoqué l’ire des autorités chinoises, notamment celui d’ERDOGAN accusant Pékin de « génocide ». Avant les émeutes de 2009, le Président Abdullah GÜL s’était par ailleurs rendu au cours d’une visite diplomatique, à Urumchi, l’actuelle capitale du Xinjiang, revêtant l’habit traditionnel ouïghour.

Deux autres exemples nous paraissent pertinents dans l’étude des relations de la Turquie avec l’Asie, ceux de l’Inde et du Pakistan. Depuis l’indépendance du Pakistan en 1947, celui-ci et la République de Turquie ont été très proches. Les liens géopolitiques, culturels et religieux sont le ciment de la collaboration entre les deux pays. ATATÜRK fut l’inspirateur d’Ali JINNAH, fondateur de la république du Pakistan fasciné par la modernité et la sécularisation de la Turquie. Le président Pervez MUSHARRAF a lui-même grandi en Turquie, et y a reçu sa formation militaire. Côté turc, Recep Tayyip ERDOGAN fut l’une des quatre personnes à avoir eu le droit de s’exprimer devant le Parlement pakistanais. La collaboration militaire entre ces deux grands pays a toujours été intense, se traduisant par la l’envoi d’armes et d’équipement militaire à destination du Pakistan, de même qu’une formation offerte aux officiers pakistanais dans les écoles turques. Ces deux pays ont en outre entretenu une collaboration étroite durant la guerre froide, dans le cadre de la CENTO (Traité d’Organisation du Moyen-Orient). La Turquie a ainsi représenté l’un des principaux soutiens du Pakistan lors des guerres l’ayant opposé à l’Inde, et durant le conflit du Cachemire, quoique sa position sur le sujet ait évolué depuis, et l’ait vue se rallier aux avis de l’ONU. Lors de la crise chypriote, le Pakistan a lui aussi manifesté son soutien à Ankara.

Les deux pays sont également membres de l’Organisation de la Conférence Islamique. Le rôle de l’armée pakistanaise dans les institutions du pays est aussi à rapprocher de celui rempli par l’institution kémaliste, quoique la laïcité ne caractérise pas l’Etat pakistanais islamique[10]. Par ailleurs, la Turquie et le Pakistan sont tous les deux membres fondateurs de l’Organisation Économique de Coopération, et ont établi des accords de commercialisation et de marchés préférentiels dans des domaines aussi variés que le tourisme, les transports, l’industrie et les communications[11]. Le volume même des exportations entre les deux pays est appelé à s’accroître de 690 millions de dollars à 1 milliard, poussé majoritairement par les investisseurs turcs qui y voient un terrain opportun en matière d’infrastructures telles que la construction d’autoroutes, de pipelines et de canaux. Symboliquement une ligne de train a été inaugurée le 14 août 2009 entre Islamabad et Istanbul, traversant en deux semaines le Baloutchistan et l’Iran jusqu’à l’ancienne capitale turque.

Même si les discours officiels vantent à propos de ces deux pays un véritable partage de valeurs culturelles et philosophiques depuis des temps immémoriaux, au moyen d’une relecture approximative de l’histoire, la réalité des rapports entre ces deux acteurs régionaux est à nuancer[12]. L’Inde cherche, tout comme son rival historique, à rappeler le rôle primordial qu’aurait joué Atatürk en tant que modèle des élites politiques du sous-continent indien dans le cadre de la démocratisation du pays, et du passage d’une société traditionnelle, conservatrice et religieuse à une société moderne, démocratique et séculière. Se limiter à cette lecture des évènements passe sous silence le fait qu’en dépit de la représentation diplomatique d’Ankara ouverte depuis 1948, à la naissance de la démocratie Indienne, les relations entre les deux Etats ont été sporadiques durant la Guerre Froide. La Turquie, véritable avant-poste de la lutte contre le communisme en Orient, à l’instar du Pakistan dans le cadre de la CENTO, ne pouvait en effet que s’opposer au géant indien, membre fondateur des pays non-alignés et séduit par les idées socialistes. Cette période de tension connaitra son apogée dans le soutien turc apporté au Pakistan durant le conflit du Cachemire. Ce n’est que récemment, notamment depuis les attentats du 11 septembre 2001, que les relations se sont réchauffées. Celles-ci s’articulent autour de deux axes. Le premier concerne la coopération en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme en Orient, ces deux pays se réclamant de la nouvelle « triple entente », les trois seules démocraties du « Grand Moyen-Orient » avec l’Etat d’Israël. Le second axe découle de la nouvelle politique étrangère du gouvernement turc, qui voit dans le marché indien des « opportunités sans limites » pour ses investisseurs.

Au niveau sécuritaire, il semble évident pour la Turquie qu’en dépit des relations nouées au fil du temps avec le Pakistan, celui-ci ne soit plus en mesure de lutter efficacement contre un terrorisme islamique dont les relations avec l’appareil d’Etat sont de plus en plus floues. C’est pourquoi l’Inde est devenue un acteur prépondérant de la stabilité régionale, s’appuyant à la fois sur sa capacité militaire et sur ses minorités musulmanes. Mais cette coopération se traduit surtout par un partenariat commercial dont l’importance est croissante, le marché indien constituant une véritable mine d’or en matière de projets industriels, notamment dans la construction des infrastructures de ce pays en pleine expansion économique. Les visites entre les chefs d’Etats et ministres des Affaires étrangères se multiplient au même rythme que les promesses de contrat. A titre indicatif, le volume des échanges de 2006 à 2008 est ainsi passé de 1,8 milliards de dollars à 3 milliards, l’objectif proclamé étant d’atteindre les 5 milliards de dollars dans un futur proche. Une perspective de collaboration dans le domaine de l’exploitation éolienne n’est pas non plus à exclure, les deux pays cherchant à accroître leurs parcs.

Bien que la Turquie ait établi des relations diplomatiques, économiques et militaires de longue date avec le Pakistan, la redistribution des cartes depuis la chute du communisme, la mondialisation et la recrudescence du risque terroriste à travers le monde l’ont fait regarder plus à l’est, et se tourner vers l’une des seules démocraties du Moyen-Orient. L’Inde devenant, de par son poids économique, militaire et politique, un acteur à ne pas négliger, ce qu’a bien assimilé la nouvelle diplomatie turque, la relation entre ces deux pays émergents est amenée à continuer.

La Turquie et ses relations avec l’Afrique : l’exemple de l’Afrique du sud

Plusieurs traits caractéristiques relient l’Afrique du Sud à la Turquie. Chacune possède un territoire vaste, d’importantes capacités de main-d’œuvre à faible coût… et une répartition du revenu et du patrimoine parmi les plus inégales du monde. Suite à sa démocratisation, l’Afrique du Sud s’est ouverte aux échanges mondiaux. Avant la crise de 2009, les deux pays enregistraient des taux de croissance supérieurs à 5% par an, sur plus d’une quinzaine d’années. En effet, à la période de restriction d’avant 1994 a succédé une rapide « mondialisation de l’économie sud-africaine », pénétrant de la même manière le tissu des entreprises. Trevor Manuel[13], ministre des Finances de 1994 à 2009 est le véritable artisan de cette ouverture,  et représente le parti de l’ANC (African National Congress) dont les relations ont longtemps été proches de l’URSS[14]. Il réussit par ailleurs à attirer des investisseurs financiers sur le Johannesburg Stock Exchange (JSE). Le gouvernement sud-africain est d’ailleurs le seul représentant de l’Afrique au sein du G20. Quant à la Turquie, son économie connaît depuis trente ans un profond bouleversement puisqu’elle a vécu le passage d’une économie agricole (qui employait encore 50% de la population active) à une industrie manufacturière (avec un secteur textile compétitif sur la scène mondiale), s’accompagnant également d’une industrie touristique en croissance et d’un secteur tertiaire dont le développement a été rendu possible par un réseau de communications et un appareil administratif renforcés.

Les entreprises turques et sud-africaines ont compris leur intérêt commun à commercer, puisque le sol sud-africain renferme 88% des réserves mondiales de platine, 80% des réserves de manganèse, 73% pour le chrome et 45% pour l’or. Au classement des réserves mondiales d’uranium, elle atteint en outre la quatrième place. Plus largement, grâce à une autosuffisance alimentaire et à une solide industrie de base, l’Afrique du Sud peut se permettre des exportations de matières premières ou de produits semi-manufacturés. La Turquie a, quant à elle, l’avantage de disposer d’une main-d’œuvre bon marché et davantage qualifiée que celle d’Afrique du Sud. L’Afrique du Sud envoie donc des métaux à la Turquie, transformés par l’industrie chimique dans les aires urbaines d’Istanbul ou d’Izmir, puis envoie des pièces détachées d’automobile, assemblées dans ces mêmes bassins industriels de l’Ouest du pays. Les relations économiques entre ces deux  pays sont à cet égard révélatrices du rôle des entreprises turques dans l’économie mondiale. Celles-ci importent des matières premières (par exemple, charbon, métaux, or) ou des produits de base (pièces détachées de voiture) d’Afrique du Sud, qu’elles transforment en produits finis mis sur le marché. Ce partenariat révèle le caractère complémentaire de ces économies émergentes, et semble un cas d’école du processus d’internationalisation des échanges et de DIPP[15], voyant des entreprises revendre un produit fini ayant effectué plusieurs tours du monde avant sa mise en vente[16]. Conséquence de cette interdépendance, les relations commerciales des deux pays ont explosé, comme l’illustrent les statistiques récoltées par le Ministère des Finances sud-africaines[17]. Les exportations sud-africaines à destination de la Turquie ont ainsi cru, par rapport à 1992, de 46,2 % en 1996, de 72,5 % en 2000, de 156 % en 2004 et de 930 % en 2008. Quant aux exportations turques vers l’Afrique du Sud, elles ont progressé, par rapport à 1992, de 74 % en 1996, 205 % en 2000, 909,1 % en 2004 et 5051 % en 2008.

Nous pouvons dans un premier temps constater la vitalité du commerce entre les deux pays, n’ayant pas été altérée par la crise économique turque de 2002. La crise de 2008 semble en revanche avoir sérieusement endommagé leur coopération, les premières statistiques de l’année 2009 révélant un crash avec des chiffres d’importation et d’exportation divisés par deux, voire par trois. La stagnation des pays occidentalisés, à l’origine d’une demande extérieure affaiblie, a sa part de responsabilité, la Turquie ne pouvant alors trouver de débouchés sur les « vieux marchés » fournisseurs, dont l’Afrique du Sud. Face à ces taux, les gouvernements sud-africain et turc ont compris avec recul, l’intérêt réciproque que les deux pays avaient eu à entretenir des relations économiques bilatérales. Celles-ci remontent officiellement à une vingtaine d’années, les premières relations diplomatiques ayant été mises en place en 1991. Mais les premiers contacts commerciaux sont largement antérieurs, puisqu’ils datent du début des années 1980. La visite d’Etat d’octobre 2003 du Président sud-africain Jacob ZUMA, accompagné du Ministre des Entreprises publiques, du Ministre des Affaires étrangères, de la Ministre de l’Energie et de l’Industrie minière et du Ministre du Commerce et de l’Industrie en Turquie a ensuite abouti à des accords de coopération scientifique, culturelle, et même policière venant renforcer les relations politiques entre les deux pays. A titre anecdotique, les diplomaties aiment rappeler dans leurs communiqués l’accord de 2007 rétablissant trois vols directs par semaine entre Istanbul, Johannesburg et Cape Town, empruntés par un nombre de touristes en hausse sur l’année 2010. Plusieurs accords concernant différents secteurs industriels ont également été signés :

– La coopération dans le secteur de l’Education, des Arts, de la Culture, de la Science, de la Technologie, du Sport, des Loisirs et de la Jeunesse (2003)

– La coopération économique et commerciale (2003)

– La promotion réciproque et la protection des investissements (2005)

– La coopération dans le secteur touristique (2005)

– L’impossibilité d’une double taxation, la prévention de l’évasion fiscale eu égard au respect des taxes sur le revenu, et sur l’assistance mutuelle envers l’application des accords (2008).

A l’occasion d’une visite du Premier Ministre turc Tayyip ERDOGAN en mars 2005, les deux pays ont décidé de prendre des distances avec certaines règles commerciales de l’Organisation Mondiale du Commerce et de se reconnaître mutuellement dans un système général de préférences. Celui-ci permet aux deux pays de s’exempter mutuellement de la clause de la nation la plus favorisée[18] et de pratiquer ainsi de faibles tarifs sur l’importation. Lors de cette même visite, une autre étape a été franchie : la création d’un JEC (Joint Economic Committee ou Comité économique commun) à Pretoria. Présidé par Himi GÜLER, Ministre turc de l’Energie et des Ressources naturelles, et par Mandisi MPAHLWA, Ministre sud-africain du Commerce et de l’Industrie, il s’agit clairement de donner un « coup de pouce » politique aux relations commerciales entre les deux pays. Concrètement, les deux gouvernements s’engagent donc à se réunir régulièrement et à ouvrir des négociations sur des sujets variés (principalement de coopération économique).

Ces démarches gouvernementales ont accentué la croissance de l’import/export. Plusieurs raisons sous-tendent cette entreprise commune. Tout d’abord, Ankara et Pretoria sont, dans leurs aires géographiques respectives, des « puissances en devenir », ou tentant d’apparaître comme telles. Plus précisément, l’Afrique du Sud souhaite être considérée comme la « porte d’entrée de l’Afrique » tant sur le plan diplomatique[19] que sur le plan économique, avec un rôle de plate-forme commerciale en pleine expansion[20]. La Turquie a une démarche similaire, elle cherche à se poser en médiateur de la région d’une part, en passage obligé vers les ressources du Caucase et du Moyen-Orient d’autre part. La seconde motivation de cette union soudaine est pragmatique : les deux capitales ont intérêt à former un front commun pour la réforme du fonctionnement des Nations Unies qu’elles appellent de leurs vœux. Le thème est, en tout cas, officiellement évoqué à chaque rencontre entre chefs d’Etats. Enfin, la complémentarité dans les biens échangés représente un potentiel de création d’emplois que les chefs d’Etat respectifs ont bien saisi, dans des pays où le taux de chômage est une préoccupation majeure et où la réélection du personnel politique passe par la réduction de ce taux ou au moins sa stabilisation. Le cas sud-africain est ici intéressant. En effet, lors des élections générales d’avril 2009, les premiers électeurs issus de la communauté noire ont commencé à se détourner de l’ANC, symbole de la lutte pour la démocratie, en voyant un taux officiel du chômage stagner à 25 %, alors qu’il touche dans les faits plus de 40 % de la population.

La balance commerciale entre la Turquie et l’Afrique du Sud révèle un déficit croissant depuis 2004 en défaveur du second, mais ces chiffres ne reflètent que partiellement la réalité car si les entreprises sud-africaines exportent moins en Turquie que les entreprises turques en Afrique du Sud, la Turquie est chargée dans le cycle de production de transformer les marchandises en produits finis. L’Afrique du Sud est donc dans un premier temps fournisseur de matières premières et de produits semi-finis, avant d’être un débouché de l’industrie turque (énergie, produits du secteur électroménager, automobile). La Turquie alimente ainsi la croissance de l’Afrique du Sud (les taux des années 2000 frisent les 7 %) que seul le renversement conjoncturel de 2009 a su freiner. De fait, les relations économiques turco-sud-africaines illustrent étonnamment la théorie des avantages comparatifs énoncée par Ricardo, qu’utilisent les entreprises pour tirer le meilleur produit au meilleur prix, et dont un accord de libre-échange supprimerait les dernières barrières[21].

La Turquie et ses relations avec l’Amérique du Sud : l’exemple du Brésil[22].

Le 20 mai 2009 représente une date historique dans le cadre des relations turco-brésilienne. Elle correspond à la première visite d’un chef d’état brésilien, le président  LULA, depuis l’Empereur du Brésil Pierre II en 1876. Le président Abdullah GÜL a lui aussi été reçu alors qu’il était ministre des Affaires étrangères, en 2006. Ce rapprochement de deux grandes puissances émergentes a vu la naissance d’une Commission des affaires économiques, créée en 2000. Le Brésil, troisième producteur d’aéronefs mondial a, dans cette optique, évoqué la possibilité de travailler conjointement dans ce domaine à travers des transferts technologiques et l’implantation d’usines. Force est d’ailleurs de constater que le Brésil délocalise une partie de sa production en Turquie. Les chiffres sont intéressants, en ce qu’ils révèlent que le volume des échanges commerciaux entre les deux pays est passé de 222 millions de dollars en 1999  à 1.5 milliards de dollars en 2008, ce qui représente une augmentation de 400%. La Turquie est à la 44ème place des pays vers lesquels le Brésil exporte, et se situe à la  56ème  des pays vers lesquels le  Brésil importe des biens. 82% des produits que le Brésil importe de Turquie sont des produits manufacturés, le reste étant de consommation personnelle. Les rapprochements international-entreprises sont eux aussi de plus en plus nombreux, comme l’illustrent l’exemple des entreprises Petrobras et Turkish Petroleum Corporation (deux entreprises du secteur pétrolier), qui ont planifié un investissement de 400 millions de dollars dans un projet d’exploration sur la côte de la Mer Noire turque. Les investissements mutuels apparaissent néanmoins faibles par rapport aux volontés des deux pays. D’autres possibilités de coopération sont envisageables, notamment dans le secteur de l’automobile, de l’électroménager, du textile ou dans le domaine agricole. Notons également les efforts enregistrés par les deux pays dans le transfert de technologie concernant les biocarburants, encore à ses prémisses en Turquie et plus développés au Brésil.

Le rapprochement des deux pays se traduit à travers la volonté de la Turquie de signer un accord de libre-échange avec le MERCOSUR (marché commun du sud), afin d’éliminer les droits de douanes sur les produits exportés dans cette zone. Dans cette optique a été signé au début de l’année 2010 un Plan stratégique d’action et de coopération entre le Brésil et la Turquie, dit « Partenariat stratégique » dont les objectifs reposent sur des  visées économique et politique. Celui-ci prend des formes diverses, allant de l’ouverture d’une ligne directe Istanbul-Sao Paolo depuis le mois d’avril 2009, par la compagnie Turkish Airlines, à la rencontre des ministres de la culture le 25 mars 2010 à Istanbul, pour le renouvellement d’un accord signé en 1996. Dans le même élan, une commission mixte de tourisme a été créée favorisant les déplacements des personnes entre les deux pays. Le Brésil et la Turquie souhaitent par ailleurs avoir un véritable rôle dans le concert des nations et s’affirment notamment à travers une démarcation vis à vis des Etats-Unis et de l’Union européenne Ankara et Brasilia ayant chacun reçu le président iranien AHMADINEJAD et émis des réticences à faire pression sur l’Iran concernant son programme nucléaire.

La Turquie et ses relations avec le Moyen-Orient : l’exemple de l’Etat d’Israël

La Turquie et Israël entretiennent toujours des relations diplomatiques et militaires positives. Celles-ci connaissent néanmoins de sérieux aléas, dont le premier a été l’altercation entre le premier ministre ERDOGAN et Shimon PERES au cours du Forum de Davos, après l’opération israélienne « Plomb durci » de décembre 2008. L’année suivant cette intervention s’est traduite par un net refroidissement des relations entre les deux Etats, ponctuée de crises diplomatiques comme la diffusion d’une série télévisée turque mettant en scène des agents du Mossad kidnappeurs d’enfants. La Turquie est critique sur la politique israélienne au Moyen-Orient. Cette crainte découle de la vigueur nouvelle de l’identité musulmane en Turquie et de l’affirmation du caractère islamique du Parti de la Justice et du Développement au pouvoir (AKP). Cette synergie entre le gouvernement et le peuple ne semble pas augurer d’amélioration des relations avec le pays, ce qui représente, aux dires de la diplomatie turque, l’une des principales préoccupations de la politique étrangère d’Ankara.

Nonobstant, l’histoire des relations entre ces deux pays semble indiquer qu’en dépit de la continuité du conflit israélo-palestinien, les deux pays continuent d’entretenir des relations diplomatiques. A la suite du coup d’Etat de 1960 en Turquie, lors d’une conversation avec un diplomate israélien, le général Cemal GÜRSEL avait décrit la difficulté du rapprochement turc avec Israël, image toujours d’actualité. Selon lui, la situation de la Turquie ressemble à « celle d’un homme amoureux d’une femme, qui est entourée par de nombreux hommes »[23], l’allégorie décrivant de la plus juste manière la situation est que « la Turquie a une maîtresse (Israël) avec laquelle elle aime être, mais elle a une vingtaine d’épouses (les États arabes) qu’elle doit ménager ».[24] En d’autres termes, la Turquie doit savoir osciller entre ses intérêts avec Israël et ceux avec les pays arabes voisins. Cette politique rencontre évidemment des difficultés d’application. La reconnaissance de l’Etat d’Israël par la Turquie en 1949 marque une démarcation d’Ankara vis-à-vis du monde arabe, mais du point de vue turc, ce pas diplomatique est une nécessité diplomatique pour les ambitions turques à l’ouest. C’est d’ailleurs dans cette optique que durant les années 1950, le Gouvernement d’Adnan MENDERES a poursuivi ses relations avec les acteurs régionaux occidentaux (adhésion à l’OTAN en 1952). A partir de l’administration EISENHOWER, l’Etat d’Israël établit des liens solides avec les Etats-Unis ainsi qu’avec la France et la Grande-Bretagne. Ainsi, la Turquie qui veut affermir sa position au sein du camp occidental va suivre une voie indirecte de rapprochement avec Israël, qui prendra la forme d’un « Pacte Périphérique » (connu sous le nom de « Peripheral Pact » ou « Peripheral Alliance»).

Ces rapprochements auront des conséquences importantes dans les relations de la Turquie avec le monde arabe, se traduisant par exemple par le vote de l’Irak contre la Turquie sur la résolution de la question de Chypre au sein de l’Organisation des Nations Unies en 1957.[25] Les relations turco-israéliennes ont ensuite connu un brusque revirement, à la suite du coup d’État militaire de mai 1960. A partir de 1966, plus aucune relation bilatérale n’est entreprise entre la Turquie et Israël. Après la Guerre des Six Jours en 1967, la Turquie cherche à rétablir un équilibre, notamment vis-à-vis du monde arabe en soutenant la résolution 242 des Nations Unies exigeant d’Israël un retrait des territoires occupés. En 1973, la Turquie reconnait l’Organisation de libération palestinienne (OLP) en tant qu’unique représentant du peuple palestinien et permet ainsi à cette organisation d’ouvrir un bureau à Istanbul en 1979. Au début de la première Intifada palestinienne en 1987, la Turquie devient encore plus sensible à la cause palestinienne et reconnaît l’Etat palestinien lors de sa déclaration d’indépendance en 1988. A partir du gouvernement de Turgut ÖZAL, la Turquie entend combiner l’islamisation du pays au soutien à une politique étrangère axée sur l’Ouest. Cependant, les dénominateurs communs entre la Turquie et Israël (démocraties entourée des régimes autoritaires, élites pro-occidentales, non-arabité, complémentarité des économies, armées les plus puissantes de la région) succèdent aux dénominateurs communs entre les turcs et arabes (islam, intérêts économiques).[26] Des convergences dans les préoccupations des deux Etats, concernant notamment les menaces à l’intérieur de leur territoire, vont aboutir à la signature entre les deux pays de l’Accord du 23 février 1996. Celui-ci entend établir en place une coopération dans le domaine militaire entre les deux pays. Une forte opposition émanant du Premier ministre Necmettin ERBAKAN, chef du parti islamiste Refah Partisi est écartée par l’armée. L’élection de Recep Tayyip ERDOGAN au poste de Premier Ministre n’a, dans un premier temps, pas modifié le déroulement des relations turco-israéliennes. Mais l’altercation de Davos a changé la donne, et initié un processus de dégradation des relations bilatérales qu’aucun fait notable n’a démenti.

Comment dès lors comprendre cette persistance des tensions entre la Turquie et Israël ? La réticence d’Ankara à maintenir des liens diplomatiques forts, en dépit des tentatives de rapprochement menées par l’Etat hébreu semblent accréditer le caractère profond de la crise turco-israélienne et l’asymétrie croissante qui caractérise les relations des deux pays. Ce déséquilibre est, aux yeux de plusieurs analystes, une situation encourageant les estimations les plus pessimistes sur l’avenir du couple turco-israélien. Beaucoup estiment en effet que les intérêts communs des deux puissances ont changé à deux titres, Israël étant plus isolé sur la scène internationale, tandis que la politique expansionniste de la Turquie lui assure un grand nombre de soutiens. Le chef des renseignements militaires Amos YADLIN considère d’ailleurs que l’éloignement diplomatique a une « signification profonde » que conditionne l’éloignement stratégique. Par exemple, l’ennemi commun des deux pays qu’était la Syrie dans les années 90 est devenu l’un des plus importants soutiens de la politique étrangère turque depuis les deux dernières années, ce qui peut expliquer qu’Ankara n’éprouve plus le même besoin d’être proche d’Israël. La situation est similaire dans le cas de l’Irak ou de l’Iran, chacun rapprochés de la Turquie et demeurés hostiles à l’Etat hébreu, situation qui semble devoir s’accentuer au vu du degré d’implication d’Ankara au Moyen-Orient pour le développement de politiques de stabilisation. Du côté occidental les choses suivent le même chemin, la Turquie souhaitant auparavant se rapprocher en priorité de l’Occident par l’intégration au sein de l’Union européenne et l’implantation sur le marché américain : ce but favorisait une alliance stratégique avec le seul Etat résolument occidentaliste de la région. Mais les rebuffades européennes et la nouvelle politique de DAVUTOGLU ont encouragé un changement de politique, qui lui a fait prendre ses distances avec Israël. Ce dernier, quant à lui, est dans une posture délicate, et son isolement quasi-total au Moyen-Orient l’encourage à ne pas compromettre le partenariat fragile qui l’unit à Ankara. De même, la Turquie est l’unique pays économiquement dynamique de la zone, avec lequel Israël puisse coopérer. Les crises diplomatiques à répétition, auxquelles succèdent les excuses israéliennes semblent donc pouvoir être perçues comme un signal d’Israël montrant qu’il a besoin de la Turquie. En tout cas plus que cette dernière n’a besoin de lui. Il est d’ailleurs notable que le ministre de l’industrie BEN ELIEZER ait déclaré après le voyage d’Ehud BARAK que « les relations israélo-turques ne (retrouveraient) plus jamais leur éclat ». De la part d’un des plus influents partisans du rapprochement turco-israélien, une telle déclaration donne une idée de la précarité de leur alliance.

Club du Millénaire : Lara Değer, Thomas Dournon, Simon Rumel, Sandrine Duchesne, Cağatay Kırıcı, Pierre Le Guily, Louis-Marie Bureau.


[1] Semih VANER, La Turquie entre la recherche de l’équilibre et l’isolement.

[2] Jean-François BAYART, Les objectifs de la politique extérieure turque (1938-1981).

[3] Abdullah AKYÜZ, Political economy of turkey: in search of stability amid domestic and global crises.

[4] Rapport TUSIAD 2007 – Turkish industrialists’ and businessmen’s association.

[5] Source : http://www.chine-informations.com/actualite/la-chine-et-la-turquie-decident-de-renforcer-leurs-relations_17344.html

[6] Réformes économiques – ISBN 92-64-00837-3 –OCDE 2005

[7] Source : http://www.chine-informations.com/actualite/la-chine-et-la-turquie-ciblent-des-relations-politiques-et_17819.html

[8] Élisabeth ALLES, « Usages de la frontières, le cas du Xinjiang ».

[9] Hugh POPE, Turkey Unveiled

[10] Source : Ijaz KAKAKHEL, www.turk.us.dailytimes.com.pk

[11] Source : www.todayszaman.com, associated press of Pakistan.

[12] Subhash KAPILA, United States – India Strategic Partnership Reviewed

[13] Source : http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,1887592,00.html

[14] Source : http://www.anc.org.za/show.php?doc=ancdocs/history/or/or81-8.html

[15] Division Internationale du Processus de Production.

[16] Daniel COHEN, Richesse du monde, pauvreté des nations, Flammarion, 1997

[17] Source : http://www.thedti.gov.za/econdb/raportt/R100402.html

[18] Source : http://www.wto.org/english/theWTO_e/whatis_e/tif_e/fact2_e.htm

[19] L’implication de Pretoria dans le “règlement” du dossier zimbabwéen fut à cet égard décisive, même si l’ancien Président MBEKI s’est avéré être plus un collaborateur de Robert MUGABE qu’un partisan d’une solution respectant les élections de mars 2008.

[20] Durban est, par exemple, le port le plus important d’Afrique par son tonnage.

[21] Source : http://www.cepii.fr/francgraph/publications/ecomond/lepointsur/2002ch8.pdf

[22] Sources : Turkish daily news, Hurriyet daily news, www.britannica.com, www.intlalliance.wordpress.com

[23] Ofra BENGIO, “The Turkish-Israëli Relationship”, 2004, p.1

[24]Laurent MALLET, “Les ambiguïtés des relations turco-israéliennes” in Sécurité mondiale septembre/octobre 2009, p.2

[25] BENGIO (2004), p. 37

[26] Bengio (2004), p. 78

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