Antoine Bello

 

Accéder à l’article en version PDF


Antoine Bello et Les Falsificateurs

L’auteur

 

 

Antoine Bello est un écrivain français né le 25 mars 1970 à Boston, Massachusetts. Il est aussi entrepreneur et gère deux sociétés. Arrière-petit neveu de Marcel Aymé, il publie son premier livre en 1996, un recueil de nouvelles intitulé Les Funambules. Deux ans plus tard, il signe Éloge de la pièce manquante, un roman policier abstrait qui se déroule dans le monde fictif du « puzzle de vitesse ». En 2007, Bello crée le site Internet Rankopedia, qui affiche des classements sur tous les sujets possibles et s’engage parallèlement en faveur du candidat Sarkozy. Il a publié depuis deux romans.

Ouvrages

Les Funambules, Gallimard, 1996

Éloge de la pièce manquante, Gallimard, 1998

Les Falsificateurs, Gallimard, 2007

Les Éclaireurs, Gallimard, 2009

Distinctions

1994 : Prix du Jeune Ecrivain pour la nouvelle Manikin 100

1996 : Prix Littéraire de la Vocation Marcel Bleustein-Blanchet pour Les Funambules

Finaliste du prix Novembre face à Michel Houellebecq qui l’emporte avec Les Particules élémentaires

2009 : Prix France Culture/Télérama pour Les Éclaireurs

Autour d’Antoine Bello

« Mes références littéraires sont variées : sud-américaines (Borges, Cortazar…), européennes (Kafka, Kundera…), françaises (Gide,Martin du Gard…), sans oublier la science fiction, les polars, etc. Mais je suis également cinéphile (Kubrick, Hitchcock) et je regarde pas mal de séries, notamment West Wing. J’ai commencé à écrire vers 7 ou 8 ans : de petites histoires illustrées, puis des nouvelles, et une pièce de théâtre. J’ai signé mon premier roman, intitulé Amérique, à l’âge de 20 ans. Gallimard ne l’a pas publié – trop « vianesque » – mais m’a encouragé à poursuivre.» Ce qu’il fit en soumettant une nouvelle pour le prix du Jeune Ecrivain, en 1993. Mais « tricheur dans l’âme », il envoya également un texte sous le nom de son frère, Julien. Vint le moment du résultat: Antoine Bello remporta le prix et son «homonyme» arriva en troisième position!

Les Falsificateurs

Sliv Dartunghuver, narrateur et héros du roman, est islandais. Géographe de formation, il est engagé comme chef de projet à 23 ans dans un cabinet environnemental. Ce cabinet abrite aussi une organisation secrète, le CFR (ou Consortium de Falsification du Réel) qui va recruter Sliv. Cette organisation a des agents disséminés dans le monde entier qui produisent des scénarios qu’ils s’efforcent de mêler au réel. Pour ce faire, ils créent des fausses sources ou bien altèrent les documents existants. Laïka par exemple, n’a en réalité jamais existé et n’est que que le fruit d’un télégramme d’un agent du CFR.

Les Falsificateurs est un roman extrêmement moderne, s’interrogeant sur les véritables déterminants des décisions politiques et l’importance à donner au storytelling . Sliv réussit ainsi à inventer des milliards de richesses potentielles pour le Timor afin d’obtenir son indépendance. L’ouvrage est aussi une réflexion aussi sur les médias et la vitesse d’écriture, ou de réécriture, de l’histoire. Bello remercie d’ailleurs à la fin de son second tome les contributeurs de Wikipedia, qui lui ont fourni la matière première de son immense documentation. D’un point de vue littéraire il est efficace et agréable, se lit facilement mais est très bien écrit, quelque part entre un Da Vinci Code et l’Encyclopedia Universalis.

On regrettera l’angélisme récurrent d’Antoine Bello, attaché à faire de Sliv un « positivo-mondialiste » pour un monde sans frontières et un libéralisme social. En dépit de cette hagiographie de l’écologiste courageusement engagé contre la guerre, Les Falsificateurs demeure un excellent choix de lecture, livrant une vision du monde et des choix possibles morale, pragmatique et réaliste.

Club du Millénaire : Vadim Poulet, Victoria Lavenue, Laurent Duarte.

Contrat Creative Commons
This création is licensed under a Creative Commons Paternité – Pas de Modification 2.0 France License